Mon ancêtre qui a traversé l'océan Atlantique provenant des "vieux pays", est Dominique Jutrat dit "Desrosiers". Il était originaire de St-Sévérin de Paris, Île-de-France. Il arriva au Canada vers le milieu du 17 ième siècle vers l'âge de 14 ans.
On a parfois l'impression que la ville de Paris a fourni peu de ses fils à la Nouvelle-France. Ceci résulte probablement du fait que nos ancêtres sont venus massivement des provinces situées sur les bords de l'Atlantique, vu la proximité des ports d'embarquement. Pourtant, un rapide examen de leurs lieux d'origine démontre que près de 300 pionniers appartenaient à des paroisses parisiennes ou à des bourgs situés à la périphérie de la ville et qui se trouvent maintenant à l'intérieur des limites mêmes de la cité. Et ceci ne comprend pas les dizaines de jeunes femmes qui ont franchi l'Atlantique pour fonder des foyer dans la vallée du St-Laurent. Ainsi, près d'une dizaine de paroissiens de St-Séverin ont trouvé place dans nos dictionnaires généalogiques, dont les deux frères Jutras. Et les Jutras qui peuplent actuellement l'Amérique du Nord peuvent prétendre qu'ils sont des descendants des deux frères venus de St-Séverin de Paris, Île de France. On trouve l'église Saint-Séverin non loin de la place Saint-Michel, sur la rive gauche. Depuis la place, l'étroite rue Saint-Séverin conduit à la rue Saint-Jacques. Avant d'atteindre celle-ci, on longe l'église. C'est l'un des plus anciens bâtiments de Paris. Sa construction débuta pendant le règne de saint Louis. Au XVe siècle, on l'allongea jusqu'à la rue Saint-Jacques. Les trois premières travées de la nef sont de style gothique (XIIIe s.) et le reste, de style flamboyant. Saint-Séverin fut la première paroisse de la rive gauche.
Comme mentionné plus haut, les Jutras d'Amérique sont des descendants des deux frères JUTRAS venus de Paris. Les frères JUTRAS (Claude et Dominique) étaient les fils de Pierre Jutras et de M.-Claude Boucher. Claude aurait été baptisé en 1630 et Dominique, en 1643.
Claude, dit Lavallée, épousa aux Trois-Rivières, le 5 novembre 1657, Élisabeth Radisson, fille de Pierre-Esprit et de Madeleine Hénault. Pierre-Esprit Radisson était nul autre que ce célèbre explorateur et coureur des bois qui formait équipe avec son beau-frère, Médard Chouart Des Groseilliers. Mais Claude ne semble pas avoir, comme son beau-père, répondu par de longues expéditions à l'attrait de la traite des fourrures, mais avoir vécu paisiblement aux Trois-Rivières où naquirent ses neuf enfants entre 1658 et 1678. Lors du recensement de 1667, on note la présence du couple sur une terre du Cap-de-la-Madeleine, où il met seize arpents en valeur et possède cinq bêtes à cornes. Il a pour voisine Marguerite Hayet, veuve de Jean Veron, sieur de Grandmesnil, et remariée depuis 1653 à Médard Chouart; elle était la fille de Madeleine Hénault. Le couple Jutras/Radisson a déjà quatre enfants. L'ainée, Madeleine, épousa en 1675 Jean-Amador Godefroy, sieur de Saint-Paul et de Tonnerre, marchand de poisson et de fourrures; elle décéda deux ans plus tard après avoir donné naissance à deux enfants. La deuxième fille, Marie, fonda un foyer, en 1683, avec Michel Poulin, sieur de Saint-Maurice, qui allait devenir seigneur et substitut du procureur du Roi aux Trois-Rivières; elle fut mère de cinq enfants dont deux se firent prêtres. Les deux enfants suivants furent des fils. On perd la trace de Claude, né en 1664. Par contre, on sait que Pierre, né en 1667, qui était sieur de la Perrotière se laissa tenter par l'aventure des voyages vers l'Ouest. Mais les dictionnaires ne mentionnent pas qu'il se soit marié.
Après le recensement de 1667, le couple Jutras/Radisson eut cinq autres enfants, dont quatre filles:
En 1681, Claude Jutras et son épouse, Élisabeth Radisson, sont aux Trois-Rivières et y cultivent 30 arpents. Médard Chouart et étienne Veron sont leurs voisins.
Claude Jutras avait un frère, Dominique, qui était dit Desrosiers. On ne sait quand il arriva dans la colonie, mais on le signale aux Trois-Rivières en 1671. C'est à Sorel, en 1684, qu'il prendra épouse Marie Niquet, fille de Pierre et de Françoise Lemoine, mais c'est aux Trois-Rivières qu'il se fixa. Trois fils et quatre filles naÎtront de cette union. Deux des fils se marieront à leur tour. Michel rentre d'une expédition vers l'Ouest en 1713. L'année suivante, il conquiert la main de Marie-Ursule Pinard, fille de Louis et de Marie-Ursule Pépin. C'est à Nicolet que le couple reçoit la bénédiction nuptiale, et c'est là que naÎtront ses dix enfants. Quant à Jean-Baptiste, c'est aussi une Pinard qu'il conduisit à l'autel, Marie-Jeanne, fille de Louis et de Marie-Madeleine Renou. Hélas le couple n'eut pas de postérité.
Le couple Michel Jutras/Marie-Ursule Pinard compta quatre fils dans sa progéniture et trois se marièrent: