Notes:
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(9 mars 2006, par Michèle CHAMPAGNE)
(article publié dans sa première version en 2005 sur le site Histoire et Généalogie)
Charles Orillon dit Champagne, né en 1713 en Acadie, se réfugie au Québec pour échapper au « Grand Dérangement », expression qui désigne la déportation des acadiens par les anglais de 1755 à 1763. Les Orillon dit Champagne sont considérés comme l’une des familles pionnières d’origine acadienne de la région de Nicolet au Québec (près de Trois-Rivières).
Charles Orillon dit Champagne, l’ancêtre venant de France:
Son père, natif de la ville de la Flèche (France), prénommé également Charles Orillon dit Champagne, est né en 1666. Il fut baptisé à la paroisse Saint-Thomas de la ville de La Flèche. Maçon de profession, il figure dans un rolle de montre de la Compagnie Franche de la Marine en août 1697, au titre de soldat maçon en Acadie.
Le patronyme Orillon est associé au surnom de « Champagne ». Ce surnom indique probablement l’origine géographique de Charles Orillon. Plusieurs communes composant le territoire de la Champagne Manzelle, près de la ville de La Flèche, sont nommées de l’épithète « en Champagne » de par leurs anciens ressorts féodaux. Quittant la France à destination du nouveau monde, Charles Orillon dit Champagne ne se doute point que son installation en Nouvelle-France donnera naissance à une longue descendance qui prend racine dans les tourments de l’histoire de ce peuple si attaché à ses racines. Il épouse le 8 janvier 1704 à Port-Royal, en Acadie, Marie-Anne Bastarache, d’origine basque [1] .
Charles Orillon dit Champagne, fils, Acadien
De cette union naît Charles Orillon dit Champagne, fils, qui pousse son premier cri le 7 août 1713 à Annapolis Royal, anciennement Port-Royal. A vingt et un ans, il unie sa destinée à Marie-Anne Richard. Le mariage est célébré le 22 septembre 1734. Onze enfants naîtront de ce couple.
Charles Orillon (fils) passe la première moitié de sa vie à Annapolis Royal. Il est témoin des batailles que se livrent les français et les micmacs contre les anglais pour reconquérir l’Acadie Française. Lors du « Grand Dérangement », Charles Orillon se cache dans les bois de la rivière Saint-Jean (Canada, Nouveau-Brunswick) avec sa famille, accompagné de plusieurs acadiens, vivant de chasse et de pêche, dans la plus grande misère. Ses frères sont déportés en Nouvelle-Angleterre, d’autres trouvent refuge en Louisiane et à la Bombarde (aujourd’hui Haïti).
Charles Orillon aurait gagné le Québec en remontant la rivière Saint-Jean, à travers les bois, en compagnie de familles acadiennes pour éviter la Déportation. Il aurait pu également arriver au Québec depuis le camp de Miramichi, où s’installèrent plusieurs réfugiés acadiens, et de là, atteindre les rives de Québec. Depuis Miramichi, le commandant BoisHébert, avec l’aide de la France, affrète des chaloupes et des navires à destination du Québec. Quoi qu’il en soit de son chemin d’exode, Charles Orillon est à Québec comme en témoigne les naissances de quelques-uns de ses enfants. Sans doute est-il déjà allié aux familles Pitre, Gaudet et Boudreau, qui se trouvent également à Québec.
Charles Orillon quitte Québec et s’installe quelques années à Bécancour, avant de s’établir à Nicolet. Il épouse en secondes noces, le 27 juin 1763, Marie Métis Doucet, veuve de Jean Baptiste Gaudet. Sa seconde épouse est probablement d’origine métisse comme son deuxième prénom l’indique. Il n’a pas d’enfant de ce deuxième lit. Les Orillon dit Champagne acquièrent au fil des années quelques arpents de terre aux abords de la rivière Nicolet. Charles Orillon décède à Nicolet le 19 mars 1790 à l’âge de 76 ans.
Les Orillon dit Champagne à Nicolet:
Ses fils, Jean-Baptiste, Jean-Charles et Firmin, ont une forte descendance nommée, dans la région nicolétaine, « Orillon » et « Champagne ». Deux des gendres de Charles, Michel Pitre et Athanase Boudreau, quittent Nicolet pour s’établir dans le nord du Nouveau-Brunswick, accompagnés de leurs épouses respectives Marie Josephte et Félicité Orillon. Ses deux filles sont les seuls Orillon à revenir en Acadie après le « Grand Dérangement ». Son fils Firmin s’engage du côté des rebelles américains pour soutenir l’indépendance des Etats-Unis. Il est désigné sous le vocable de « Firmin, bon fils, rebelle »dans les archives de Placide Gaudet (Centre d’Etudes Acadiennes, Université de Moncton, Nouveau-Brunswick).
Les Orillon dit Champagne figurent dans la liste des familles pionnières d’origine acadienne au XVIIIè siècle [2]. « Les plus nombreux parmi les Acadiens de Nicolet sont les Champagne ou Orion. Nicolet est le berceau des Champagne au Québec et au Canada. »[3]
Références:
Archives:
Monographies et autres:
(21 août 2005, par Michèle Champagne)
Quelques informations sur l’un des fils de Charles Orillon dit Champagne, père, soit Pierre Orillon dit Champagne. Pierre Orillon est né le 5 décembre 1715 à Port-Royal. Il épousa le 29 janvier 1742 à Port-Royal Brigitte Brun. Le couple eut 7 enfants. Dans le Grand Dérangement, Pierre Orillon est déporté avec sa famille au Connecticut le 30 novembre 1755, depuis le Bassin des Mines (Acadie). Ses enfants qui l’accompagnent dans cet exode sont : Joseph (1742), Jean-Baptiste (1744), Marie-Josephe (1747), Pierre (1750), Charles (1752).
Il arrive avec 173 Acadiens au Connecticut le 22 janvier 1756. dans un état de délabrement; la plupart des déportés furent décimés par la malaria[1]. En 1757, Pierre Orillon fait la demande d’émigrer en France avec d’autres acadiens, mais sans succès. Puis, en 1766, les déportés acadiens font une seconde demande pour s’installer au Québec. Réponse favorable des autorités de l’époque, Pierre Orillon retrouve son frère Charles à Nicolet en 1767. "L’on vit arriver à Québec au mois de septembre 1766 deux petits sloops chargés d’acadiens venant de Boston"[2]. Il a 52 ans lorsqu’il retrouve son frère. Forgeron de métier, il laisse une descendance nombreuse (7 enfants). Il décède le 12 juin 1804 à Nicolet.
Sources:
Vous pouvez toujours visiter ce site :
Déportés Acadiens au Connecticut : http://www.acadian-home.org/acadians-connecticut.html
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